10 films un peu lesbiens (mais pas trop)

1. Joue-la comme Beckham (2002)

D’après la rumeur, Jess et Jules étaient censées finir par se mettre ensemble, mais au tout dernier moment, les réalisateurs ont renoncé au scénario lesbien. Il nous reste un film presque parfait dans lequel deux femmes semblent DE FAÇON ÉVIDENTE DESTINÉES À COUCHER ENSEMBLE, MAIS NE LE FONT PAS. L’alchimie entre elles est tangible et pourtant, on nous fait croire qu’elles sont toutes deux folles de leur entraîneur?? Pitié.

Toutes les plaisanteries sur la maman de Keira Knightley sous-entendant qu’elle est lesbienne parce qu’elle est ~sportive~ n’aident pas non plus. À chaque fois que le personnage de Keira affirme avec insistance qu’elle n’est pas homo, une lesbienne meurt quelque part dans le monde.

2. Beignets de tomates vertes (1991)

Beignets de tomates vertes — le livre — relate l’histoire d’amour entre deux femmes prénommées Ruth et Idgie. Beignets de tomates vertes

— le film qui a été adapté du livre — relate l’histoire de deux femmes prénommées Ruth et Idgie qui sont deux super copines. Si l’on en croit le commentaire du réalisateur, l’infâme bataille de nourriture était censée être un substitut à une scène d’amour. Vraiment dommage qu’on n’ait pas eu une VÉRITABLE SCÈNE D’AMOUR.

Il n’y a vraiment pas trop à se forcer pour percevoir l’atmosphère lesbienne qui émane de ce film. Ruth et Idgie étaient faites l’une pour l’autre et elles méritaient mieux que des batailles de nourriture.

3. Ève (1950)

Ève est l’un des plus grands films de l’histoire du cinéma. L’incomparable Bette Davis joue le rôle de Margo, une star très appréciée de Broadway, et Anne Baxter est Ève, une jeune admiratrice de théâtre de Broadway qui finit par marcher sur les plates-bandes de Margo et fait vaciller la gloire de Margo. La fameuse beauté fanée de Bette Davis claque, craque et explose tant la tension sexuelle est grande. Ces dames se haïssent cordialement, mais on imagine bien la fougue avec laquelle elles feraient l’amour, du coup.

4. American girls (2000)

Nous sommes tous censés croire que Kirsten Dunst en pince pour ce type arty prénommé Cliff, mais clairement c’est la sœur du gars –jouée par Eliza Dushku, alias Faith de Buffy, alias quelqu’un très aimé par les filles homos et bis– que Kirsten est supposée choper.

Il y a une foule de plaisanteries lesbiennes de merde faites au frais du personnage d’Eliza Dushku, Missy: une fille dit que Missy ne devrait pas être admise dans l’équipe de cheerleading parce qu’elle a l’air d’une «lesbienne ultra». N’aurait-il pas été formidable si Missy avait pu répondre «Putain ouais, je suis une lesbienne ultra», et le prouver en distribuant moult orgasmes à plusieurs cheerleaders? Où est cette version-là d’American Girls ?

5. Une équipe hors du commun (1992)

Dans ce film, on retrouve Rosie O’Donnell, Lori Petty, Madonna et Geena Davis. Elles jouent toutes au baseball. Est-ce qu’il y a vraiment besoin d’en dire plus?

6. Sils Maria (2014)

Juliette Binoche joue une actrice estimée, et Kristen Stewart est son assistante personnelle. Pour s’entraîner sur une pièce qui doit être jouée, elles répètent le rôle de deux amantes lesbiennes. «Sous-texte» n’est même pas un mot assez fort dans cette situation.

Spoiler: Juliette regarde ardemment Kristen alors qu’elle dort en string, mais aucun d’entre elle ne finit par franchir vraiment le pas. La quantité ridicule de sous-entendus lesbien était juste là pour, genre, le symbolisme.

7. La Phalène d’argent (1933)

Ce film de 1933 a été réalisé par Dorothy Arzner —qui a été la première femme à devenir membre de la Directors Guild of America et reste encore aujourd’hui la réalisatrice la plus prolifique des studios de Hollywood— La Phalène d’argent est délicieusement empreinte de références lesbiennes. Dorothy Arzner est une incroyable lesbienne de la vieille école qui est parvenue à glisser des allusions lesbiennes dans nombre de ses films à une époque où il était assez impensable de retrouver des scénarios homos dans des grosses productions (surtout après l’adoption en 1934 du code Hays qui a imposé des directives morales plus strictes).

La Phalène d’argent, qui est sorti avant l’adoption du code, a contribué à lancer la carrière de la jeune Katharine Hepburn dont on dit qu’elle aurait eu de nombreuses liaisons avec des femmes. Elle joue le rôle de Lady Cynthia, une aviatrice courageuse dont le métier l’occupe bien trop pour penser à l’amour. Même si elle finit par avoir une liaison avec un homme (interprété par Colin Clive) après son tour du monde en avion, c’est sa relation tendue et affective avec la femme de cet homme qui retient réellement notre attention. De plus, Katharine Hepburn interprète une femme indépendante qui bouleverse une esthétique résolument masculine, et ça fait vraiment plaisir.

8. Dangereuse alliance (1996)

Selon la loi des films clichés, ados qui sont socialement exclues + sorcellerie = sous-texte lesbien obligatoire. (Voir : Buffy la tueuse de vampires et le duo Buffy /Faith.)

Dangereuse Alliance prend un tour particulièrement inquiétant lorsque Nancy, la Meilleure-amie-devenue-la-méchante, utilise un sortilège pour pouvoir ressembler à l’héroïne, Sarah. Le but: pouvoir séduire l’ex de Sarah. La scène peut être interprétée comme une preuve de la jalousie de Nancy. Mais, franchement, est-ce ça ne pourrait pas non plus être la preuve qu’en fait Nancy ne veut pas vraiment être Sarah, mais plutôt coucher avec elle? Et que cette imitation serait une manière tordue d’exprimer cette homosexualité refoulée?

9. Bliss (2009)

Dans Bliss, Ellen Page plaque son bon à rien de petit ami et se découvre une passion pour le roller derby, qui est littéralement le sport le plus lesbien imaginable. Cela sera donc le film le plus lesbien de tous les temps, n’est-ce pas? Malheureusement, non, ici il n’y a pas de histoire homo à se mettre sous la dent. L’actrice Ari Graynor a déclaré au New York Magazine qu’elle voulait que son personnage, Eva, soit une séductrice lesbienne, mais la réalisatrice Drew Barrymore n’a pas repris le flambeau. Une véritable déception, surtout compte tenu de la séance photo super lesbienne qu’Ellen et Drew ont faite pour Marie Claire.

10. Les Quatre Filles du docteur March (1994)

Bon, ok, Les Quatre Filles du docteur March n’a pas vraiment de sous-texte lesbien, mais j’ai quand même envie de l’inclure pour une bonne raison: Jo. Jo March, jouée par Winona Ryder –qui a séduit les cœurs des filles homos et bis dans TOUS ses films, de Génération 90 à Fatal Games– a permis à pas mal de meufs queers de réaliser qu’elles aimaient les femmes.

Jo est un garçon manqué façon 19e siècle, absolument pas intéressée par les pièges de la domesticité et de la maternité. Elle est nulle en tâches ménagères, se moque de sa coupe de cheveux et ne se comporte pas avec une once de décorum féminin. Jo est vraiment la meilleure. Quand elle termine avec Frederick, le professeur d’allemand, à la fin du film, beaucoup d’entre nous se sont dit qu’elles étaient énervées parce que Jo aurait dû finir avec Laurie, son meilleur ami d’enfance. Mais soyons un peu honnêtes: nous étions contrariées qu’elle ne termine pas avec une fille. (Points bonus: Jo a été jouée par Katharine Hepburn, une autre de nos garçonnes préférées, dans la version des Quatre Filles du docteur March de 1933, un autre classique.)

1 Comment

Leave a Reply

Your email address will not be published.


*